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Videodrome
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| Réalisé par David Cronenberg avec James Woods, Sonja Smits, Debbie Harry, Peter Dvorsky Canada - 1982 - Couleurs Max Renn (Woods) est le directeur de Civic TV, télé locale de Toronto, spécialisée dans le porno. Un jour Harlan (Dvorsky), son pirate attitré, capte une émission d'un genre nouveau : Videodrome. On assiste à des scènes de tortures et de mutilations plus vraies que nature. Max décide de découvrir le créateur de Videodrome pour le diffuser sur sa chaîne, et faire grimper l'audience en même temps que sa libido. Entre temps il rencontre au cours d'un talk show Nicki Brand (Harry), animatrice radio. Maintenant je sais : eXistenZ est le mauvais remake numérique de Videodrome. On y retrouve quasiment tout : la dépendance provoquée par l'image (ici le VHS, là les pixels) ; les orifices (là le bioport dans le bas du dos, ici une fente dans l'abdomen) ; le mélange machine-organisme (on voit une cassette vivante qui se contorsionne comme un pod) ; prédominance de la couleur rouge ; et même certains dialogues ("Mort à Videodrome" vs "Mort à Allegra Geller"). Seulement ici, Cronenberg n'a pas voulu jouer au plus fin. Le scénario n'a pas pour but de nous piéger, seulement de nous embrouiller un peu avant de s'expliquer. Le Canadien prend le temps d'installer son histoire. Rien de fantastique de ne passe pendant une bonne partie du film. Les premières hallucinations de Max, provoquées par l'émission, sont discrètes et montent en intensité pour atteindre des sommets gore. Les personnages ne sont pas les quelconques avatars d'eXistenZ. Et surtout, ils ne sont pas ce qu'on croit. Pendant leur talk show, Max, manière de Larry Flint hertzien se montre provoquant et cynique. Nicki, façon de Macha Béranger très prude, le considère comme un danger pour la société. Plus tard, lorsqu'elle cède aux avances de Max, Nicki dévoile en plus de son cul, sa face cachée. Elle est irrésistiblement attirée par Videodrome, alors que Max s'en méfie. On croise aussi le Professeur O'Blivion ("oubli") qui ne s'exprime qu'à travers un écran, et sa fille, gardienne de son secret. Cronenberg se laisse aller à des délires qui sont si timides dans eXistenZ. Pas de complexe, pas de batraciens mais du gore, du vrai ; des globules en barils, des tranformations, des fusions d'objets dans la chair, des doigts qui se resserrent sur un flingue et qui se vissent dans le poignet. Il invente même le papa du casque virtuel, qui sert ici à enregistrer les phantasmes. Enfin sa conclusion ressemble BEAUCOUP à celle de Matrix, même si Max don't know kung fu. ;-) Merci. |