Un tramway nommé Désir
(A Streetcar Named Desire)

Réalisé par Elia Kazan

Avec Vivien Leigh, Marlon Brando

USA - 1952 - N&B

Après la perte de la propriété familiale, Blanche Dubois (Leigh), professeur de lettres, débarque à la Nouvelle-Orléans pour rendre visite à sa soeur. Celle-ci est mariée à Stanley Kowalsky (Brando). Dès les premiers instants, Stanley met en doute la sincérité de Blanche quant à l'affaire de la propriété. A la fois attirée et effrayée par Stanley, Blanche s'éprend finalement d'un collègue d'usine de celui-ci.

Adapté d'une pièce de Tennessee Williams (d'où le décor quasiment unique de l'appartement), Un tramway nommé Désir est devenu un classique autant grâce à un scénario brillant qu'à une réalisation intelligente et une interprétation que je ne qualifierai pas sinon on va me dire que j'en fais trop (non?).

Kazan offre son premier grand rôle à Marlon Brando. Injustement, ses scènes sont restées dans l'histoire plus pour ses T-shirts trempés de sueur mâle et populacière que pour son interprétation. Brando est pourtant excellent, tout frais produit de l'Actor's Studio, école d'acteurs créée quelques années auparavant par Kazan, préconisant une nouvelle approche du jeu, fondée sur la fusion de l'acteur et de son personnage, je m'arrête là.

Vivien Leigh (la Scarlett O'Hara d'Autant en emporte le vent) joue ici le rôle d'une femme légèrement vieillissante, déjà effrayée à l'idée de ne plus plaire aux hommes. De petits mensonges en mythomanie éléphantesque, de petits caprices en grosses confrontations avec son beau-frère, on assiste impuissant à la lente descente de Blanche vers la folie, dont la conclusion ne sera pas dramatique uniquement pour elle. Car malgré ses nombreux défauts, ou à cause d'eux, elle arrive sinon à émouvoir, au moins à attendrir.

Aux côtés de Leigh et Brando et leurs relations "privilégiées", véritables bijoux de subtilité et de non-dit, les autres rôles font plutôt pâle figure. Mais d'un côté (le soupirant de Blanche), cela renforce le point de vue égoïste de Blanche. Et la soeur, tient la barre du mieux qu'elle peut dans un rôle intermédiaire, coincé entre deux monstres.

Merci.