La soif du Mal
(Touch Of Evil)

Réalisé par Orson Welles

Avec Orson Welles, Charlton Heston, Janet Leigh

USA - 1957 - N&B

Une voiture traverse la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Elle explose. A son bord conduisait Linnekar, puissant industriel, accompagné d'une prostituée. Hank Quinlan (Welles), flic réputé, est mis sur l'affaire. De son côté Vargas (Heston), haut-fonctionnaire mexicain, et principal témoin avec sa femme Susan (Leigh) s'intéresse aussi à l'affaire. Très vite, Quinlan suspecte le petit ami mexicain de la fille de Linnekar.

Dans la collection des scènes cultes du cinéma, l'ouverture de La soif du Mal prend bonne place sur la cheminée. Il s'agit d'un plan-séquence qui s'étend du moment où un inconnu pose une bombe à retardement dans la voiture, jusqu'au moment où elle explose, de l'autre côté de la frontière. La voiture démarre, la caméra (qui était au niveau du pare-choc) s'élève alors au-dessus du bar pour suivre la voiture qui en fait le tour (du bar), puis revient au niveau de la rue, s'attarde sur le couple Vargas, déjà présent,  et s'arrête à la frontière où les douaniers leur demandent leurs papiers. C'est beau! C'est beau!

Tout le film baigne dans une atmosphère très noire, aidé en cela par la photo qui joue constamment sur les ombres et les lumières (la plupart des scènes sont nocturnes) comme pour annoncer la dualité des personnages.

Orson Welles donne une interprétation inoubliablement antipathique et pathétique de Quinlan, éléphantesque ripou, grande gueule, ancien alcoolo au cigare toujours enfoncé dans le bec. On est assez surpris de découvrir Charlton Heston en Mexicain (il est couvert de maquillage), mais il tient bien la route en flic incorruptible. Des seconds rôles très caractéristiques (Uncle Joe Grandi, le veilleur de nuit, etc.) apportent un peu d'humour.

La conclusion est confiée à une Marlene Dietrich inhabituelle, tenancière de bar et diseuse de bonne aventure mexicaine et mélancolique.

Merci.