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Le puits et le pendule
(Pit And The Pendulum) |
| Réalisé par Roger Corman avec Vincent Price, John Kerr, Barbara Steele, Luana Anders Etats-Unis - 1961 - Couleurs Le jeune Anglais Francis Barnard (Kerr) se rend dans le château de Don Nicholas Medina (Price), en Espagne, pour obtenir de ce dernier des explications sur la disparition d'Elizabeth (Steele), sa soeur (à Francis). Accueilli par Catherine (Anders), sa soeur (à Nicholas), Francis sent dès ses premiers pas dans le château qu'un terrible secret reste tapis dans l'ombre. Un petit point d'histoire : Roger Corman est un réalisateur pas très connu de ce côté-ci de l'Atlantique, mais très influent du sien. Il s'est fait un nom dans les années 60 et 70, en réalisant une flopée de films de série B (mais de la bonne série B!!), généralement dans le genre de l'horreur avec de tous petits moyens (avec moins d'une dizaine d'acteurs, et en utilisant les plateaux d'autres films, par exemple). Ses plus célèbres longs métrages sont ses adaptations des oeuvres d'Edgar Poe interprétées par Vincent Price (La chute de la Maison Usher, La tombe de Ligeia...), dont Le puits et le pendule fait partie. On compte parmi ses fils spirituels directs des réalisateurs comme Francis Ford Coppola ou Jonathan Demme, qu'il a fait débuter. Et parmi ses fils plus éloignés, Tim Burton revendique son héritage (je pense que la présence de Vincent Price comme voix de son premier court métrage Vincent, puis comme acteur dans Edward aux mains d'argent est une illustration suffisante de l'influence de Corman sur Burton). Outre son scénario assez malin et tordu (merci Mr Poe!), Le puits et le pendule excelle dans sa capacité de nous effrayer. D'une peur qui fait bondir de son siège, à coups d'ombres qui passent, de claquements de portes ou de grincements de machinerie diabolique (le titre français du film, à sa sortie, était La chambre des tortures). Toute l'imagerie de la nouvelle fantastique de base est mise à contribution : un imposant château au sommet d'une falaise, un orage, des passages secrets, des sous-sols mystérieux. Evidemment, on sourit un peu à la vue des costumes et des décors qu'on devine pas trop fidèles à l'Espagne du XVIème siècle, aux flash-backs monochromes (bleu ou rose, au choix). Mais l'intrigue, un peu semblable aux enquêtes de Dupin, est assez prenante pour faire passer le tout sans problème. Et ce Vincent Price est vraiement très bon, à la limite du cabotinage sans jamais y tomber vraiment. Une scène en particulier m'a attiré l'attention : en flash-back, le petit Nicholas, descendu dans les sous-sols du château, assiste impuissant à la torture de sa maman par son inquisiteur de papa. Celui-ci l'enferme dans une "vierge de fer", une sorte de sarcophage en métal hérissé de pointes sur ses parois intérieures (un régal!). Toi qui l'as vu, ça ne te rappelle pas une scène de Sleepy Hollow? Merci. |