Mon voisin Totoro
(Tonari no Totoro)

Réalisé par Hayao Miyazaki

Animation

Sortie le 8 décembre 1999

Deux soeurs, Mei et Satsuki, et leur papa emménagent dans une nouvelle maison à la campagne. Cette maison plutôt mystérieuse (mais quelles sont ces petites bêtes noires qui fuient dès qu'on ouvre une porte?) est bâtie au bord d'une forêt dominée par un camphrier gigantesque. Au pied de cet arbre, Mei découvre Totoro, le bon génie de la forêt.

Faudrait pas que tous les dessins animés soient comme ça. Sans leur rareté le bonheur qu'on a à les découvrir se diluerait. Comment font les Japonais? Mon voisin Totoro est une vraie petite perle. On dit souvent que les gens heureux ne font pas de bonnes histoires. Eh ben si! C'est rare, mais ça arrive. C'est vrai qu'une pointe de malheur frappe Mei et Satsuki : l'état de santé incertain de leur maman, confinée dans un hôpital. Mais Totoro est là pour leur remonter le moral. Totoro, c'est une grosse bête, mi-ours, mi-chat, qui crie très fort. On ne sait pas d'où il vient, il est juste là, comme un Tom Bombadil animal.

Mon voisin Totoro fait penser à plein d'autres oeuvres : son ami le chat-bus rappelle le chat souriant de Alice au Pays des Merveilles de Lewis Caroll; Totoro, comme Hobbes (le tigre de la BD Calvin et Hobbes, de Bill Waterson), n'apparaît qu'à la vue des enfants. Le point de départ de l'histoire semble aussi avoir inspiré Takeshi Kitano pour son Eté de Kikujiro (Mon voisin Totoro date de 1988), d'autant plus que c'est le même Joe Hisaishi qui signe la musique des deux films. Mais Totoro garde pourtant toute son originalité, notamment dans son propos gentiment écolo, qui semble propre aux Japonais (voir le dernier sketch de Rêves, d'Akira Kurosawa, bing! encore une référence).

Et puis sur le plan technique, le film est tout aussi admirable. Les couleurs des arrières-plans sont un véritable régal, que ça donne envie d'aller visiter la campagne japonaise. L'animation, même vive, reste impeccable. Un autre détail m'a frappé, c'est la justesse des personnages enfants. La petite Mei, qui a quatre ans, a vraiment des réactions de son âge, que ce soit d'imiter consciencieusement sa grande soeur Satsuki, ou bien de brailler pour des raisons obscures.

Evidemment le propos est bien naïf, et on peut trouver ça cucul, mais il faut vraiment être un monstre pour ne pas se laisser charmer par la gentille magie de la nature.

Merci.