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Jeux dangereux
(To be or not to be) |
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Avec Carole Lombard, Jack Benny, Robert Stack U.S.A. - 1942 - N&B Varsovie, septembre 1939. Dans cette période tendue, la troupe du Polski Theatr, menée par le couple Jozef et Maria Tura (Benny et Lombard) joue tant bien que mal, au gré de la censure. Obligée d'abandonner une pièce anti-nazie, elle programme Hamlet. Un phénomène curieux inquiète Jozef, qui joue le prince danois : dès qu'il entame la tirade "To be or not to be", un spectateur s'esquive (et pas très discrètement)!! Dès le début de la tirade! C'est inadmissible! La guerre éclate, le théâtre est fermé. La résistance s'organise aussi bien parmi les Polonais de Varsovie que ceux d'Angleterre. L'un de ceux-là, Stanislav Sobierski (Stack), pilote de bombardier et admirateur de Maria Tura est parachuté dans son pays pour intercepter un espion nazi. Raconté comme ça c'est un peu obscur. Mais le grand talent de Lubitsch, c'est de narrer cette intrigue tarabiscotée le plus naturellement du monde, et de nous faire marrer. To be or not to be est un mélange tourbillonnant de vaudeville (avec femme, amant, mari jaloux) et de film d'espionnage. Tourbillonnant mais parfaitement homogène, les deux genres s'emboîtent tout en s'alimentant l'un l'autre en rebondissements. Côté comédie, Lubitsch utilise adroitement le burlesque mais toujours subtilement et même les gimmicks (ressort comique facile) ne sont pas gratuits ; côté drame, il arrive à vraiment nous inquiéter pour la vie de cette sympathique troupe de théâtre. D'autant plus qu'ici, les nazis sont réellement dangereux et omniprésents, bien différents des boeufs faciles à berner de La vita è bella. On peut pardonner les scènes propagandoïdes (regardez ces fiers aviateurs polonais partis venger leur pays, engagez-vous, rengagez-vous), c'est l'époque qui voulait ça. Tous les acteurs servent le film avec brio. A commencer par Benny en acteur égocentrique et mari jaloux dans un jeu comique très fin. Il y a une fabuleuse scène (je peux pas m'empêcher de la raconter, cette scène, elle est hilarante, tu peux passer directement au paragraphe suivant si tu veux louer la cassette) où Tura découvre un homme dans le lit de sa femme. Dans un vaudeville normal, il devrait se dire : "Oh! C'est l'amant de ma femme!". Mais il pense : "Oh! C'est ce fumier qui s'est barré au début du monologue!" Et Benny joue ça sans dire un mot, c'est beau! Avec son physique rhâ-lovely, Carole Lombard aurait pu se cantonner aux rôles de séductrices inhumaines, mais non! Ici elle tombe les hommes, ok, mais dans la peau (aaah! le dos nu de Carole dans cette robe du soir) d'un personnage volontaire et manipulateur pour la bonne cause. Pareil pour Stack, jeune-premier-gueule-d'amour : son Stanislav est un beau mâle, mais un peu simplet. Bravo aussi à tous les rôles secondaires, réellement attachants. Un petit bémol (ah! ben oui) quand même : c'est curieux, tous ces Polonais qui s'expriment dans un anglais parfait... Merci. |