L'impossible Monsieur Bébé
(Bringing Up Baby)

Réalisé par Howard Hawks

Avec Cary Grant, Katharine Hepburn

USA - 1938 - N&B

Le professeur Huxley (Grant), brillant paléontologue (il ne lui manque plus qu'un os intercostal pour compléter le squelette de brontosaure qui sera le fleuron de son musée), est à la veille de se marier avec sa fidèle assistante. Lors d'une partie de golf où il doit convaincre l'avocat d'une richesse locale que celle-ci devrait faire un don d'un million de dollars au musée, il rencontre une curieuse demoiselle, Susan Vance (Hepburn), qui joue sa balle à sa place, puis part avec sa voiture. Ils se rencontrent le soir même dans un dîner. Elle tombe amoureuse de lui comme un caprice et va tout tenter pour l'entraîner sur son terrain.

Autre exemple de comédie américaine. Un couple que tout oppose : un scientifique rigoureux à lunettes (quoiqu'un peu étourdi), et une jeune héritière complètement barge (quoiqu'ayant de la suite dans les idées). Mais ici, Hawks mélange légèrement les genres : au face-à-face entre les deux futurs amoureux, aux dialogues qui le persillent, il vient ajouter des scènes carrément burlesques (à l'époque genre concurrent sur le déclin), des situations impossibles. Et le pire, c'est que ça marche encore. Quand Cary Grant se casse la gueule, eh ben c'est drôle!

A tout moment l'absurde, personnifié en Katharine Hepburn, irrésistible chieuse, tire le spectateur par le bras, qui se trouve transporté dans une autre logique. Ce qui impressionne surtout, c'est la vitesse, le rythme de l'action. La multiplication des enjeux (le mariage, le perte de l'os de brontosaure, le don de Mrs Carlton Random, l'élevage d'un léopard apprivoisé - Baby, c'est lui -, etc.) ne laisse pas un moment de répit. Chaque action qui vise à régler un problème a des répercussions   négatives sur un autre problème. Les quiproquos s'emmêlent sans jamais qu'on s'y perde.

Les dialogues tourbillonnants sont réglés sur la même fréquence, les acteurs avaient pour consigne principale de se couper la parole. Résultat : un régal d'incompréhension entre les personnages, chacun restant sur ses rails. Je ne sais pas, par contre, si les acteurs improvisaient de temps en temps, mais on assiste à des scènes proches de la folie collective extrêmement réjouissantes.

Et avec un peu d'attention, on peu repérer les trucages (réussis) dans les scènes avec le léopard.

Merci.