Hypnose
(Stir Of Echoes)

Réalisé par David Koepp

avec Kevin Bacon, Kathryn Erbe, Zachary David Cope

Sortie le 3 mai 2000

Tom (Bacon) est lignard à Chicago et mène une vie tranquille avec sa femme Maggie (Erbe) et son fils Jake (Cope) qui a tendance à parler tout seul face à la caméra. Un soir de teuf, il se fait hypnotiser par sa belle-soeur. Après cette expérience, Tom est pris d'hallucinations chroniques et comprend 1) que Jake ne parle pas tout seul 2) qu'on l'appelle à l'aide de l'au-delà.

Le retour de la revanche du fantôme qu'est fâché. Ah? C'était donc ça? Toutes ces frayeurs et ces angoisses pour cette histoire de vengeance d'un crime sordide qu'on devine trop vite. Les gentils sont sauvés et les méchants sont punis. Vaut-ce vraiment toutes ces louanges de la presse? Je te le demande. C'est vraiment pour être gentil avec Richard Matheson, l'auteur du roman dont est tiré le film et qui a aussi été scénariste (c'est lui qui signait les adaptations de la série des Edgar Poe de Roger Corman, j'en ai vu deux y'a pas longtemps, c'est marrant comme coïncidence non?). Bon d'accord, dans son genre, le film est plutôt bien fait, il fait suffisamment peur, mais il brasse tout de même pas mal de clichés et de redondances.

Au début, on se doute bien que le gamin Jake a quelque chose. Et on pense inévitablement à Sixième sens. Mais le film prend très vite le virage de la séance d'hypnose qui va "ouvrir une porte" dans l'esprit de Tom. S'ensuivent des hallus (très réussies et crispantes, genre un ongle qui se retourne, hfmgnnnnn!!) mâtinées de préscience. Et on pense inévitablement à Dead Zone (film de Cronenberg où Christopher Walken avait des visions d'avenir proche, suite à sa sortie de coma). Au fur et à mesure, sous les yeux de Maggie, Tom semble devenir fou, à creuser comme ça partout dans le jardin. Et on pense (un peu moins) inévitablement à Shining (de Kubrick, s'il est nécessaire de préciser, mais je te fais confiance). Mais là ça coince un peu parce que nous les spectateurs, on sait qu'il a raison de creuser. On sait que c'est le fantôme de Samantha qui lui a dit et faut pas déconner avec les fantômes. On s'inquiète plus de savoir s'il va enfin trouver que de savoir s'il est vraiment devenu fou, alors qu'on devrait douter. La narration se perd donc un peu entre les points de vue des trois personnages, à force de na pas vouloir en privilégier un.

Accordons cependant nos violons et un grand bravo à Kevin Bacon, qui, bien qu'il porte un nom à la con, joue ici très très bien, dans la limite de ce que son personnage lui permet. Et aussi à Zachary David Cope, encore plus jeune et aussi bon que Haley Joel Osment (à quand une histoire de foetus qui communique avec les fantômes dans le ventre de sa maman?).

Outre le Grand Prix du Fantastic'art de Gérardmer (les autres films devaient pas être super), Hypnose aurait pu recevoir la palme du personnage le plus inutile (couplé avec le Jean-Marie d'argent du gros cliché limite raciste), en la personne du Black de service, taillé comme une armoire et souriant comme le chat d'Alice au Pays des Merveilles, et qui ne sert qu'à révéler à une Maggie incrédule que Jake voit les fantômes et que le cauchemar a déjà commencé, ce qu'elle aurait pu deviner par elle-même, elle est pas con, Maggie!!

Merci.