Le frère du guerrier

Réalisé par Pierre Jolivet

avec Vincent Lindon, Mélanie Doutey, Guillaume Canet, François Berléand

Sortie le 13 mars 2002

Avec ce "western médiéval", Pierre Jolivet s'est offert une récré, lui qui est habitué à traiter des sujets contemporains, de la comédie (Ma petite entreprise, 1999) à l'anticipation (Simple mortel, 1991). Les plaines du far west sont remplacées par celles du sud-ouest (l'histoire se déroule au XIIIème siècle autour de Toulouse), mais le fond de l'histoire pourrait se décliner avec des cow-boys.

Juste après la mort de sa mère, Arnaud (Canet), seul héritier de la connaissance d'herboriste de celle-là, est victime de l'attaque de brigands, et perd la mémoire. Sa femme Guillemette (Doutey) prend soin de lui, et recherche Thomas (Lindon), le frère guerrier d'Arnaud, pour lui annoncer ces mauvaises nouvelles et lui demander son aide.

Malgré ce cadre original, l'intrigue simple comme celle de tout bon western qui se respecte, ne trouve pas dans la réalisation de Jolivet un enrobage suffisamment séduisant. Les combats déçoivent. Les personnages restent assez monolithiques. Seul le curé, joué par François Berléand, possède un brin d'ambigüité, mais il ne semble devoir sa présence qu'à l'illustration de la lourde morale du film : défendons l'accès de tous à la connaissance. Quant à Guillemette-Doutey, même si elle fait des efforts pour soutenir la caution "égalité des sexes", nous pouvons difficilement ignorer l'insistance de Jolivet à mettre sa poitrine en valeur. Guillaume Canet passe les trois-quarts du film hébété, ce qui lui va bien, et Vincent Lindon porte bien son personnage de dur, arbalétrier au visage buriné par le soleil du sud-ouest.

Un bon point cependant, Jolivet évite les pièges habituels. Ses personnages médiévaux ne se font pas faire de brushing, ils sont sales, ils transpirent. Les bâtisses quant à elles auraient pu être en meilleur état que celles que l'on voit à l'écran. Les ruines n'ont pas toujours été des ruines.

Tiraillé entre l'envie de faire un vrai film d'aventures et celle de faire un film à morale, Jolivet s'est donc malheureusement échoué entre les deux. Dommage, c'était un pari qui avait le mérite d'être osé.

Merci.