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Forgotten Silver
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Documenteur Sortie le 23 février 2000 Preums! Au Panthéon des pionniers du cinéma, il y avait les frères Lumière, Edison, Méliès, Griffith, Gance... On en a oublié un pendant plus de soixante ans. Il était néo-zélandais et s'appelait Colin McKenzie. De 1900 à la fin des années 30, il a été l'un des cinéastes les plus inventifs mais surtout le plus maudit. Grâce à de vieilles bobines retrouvées de Salomé, son chef-d'oeuvre perdu, il est sur le point d'être enfin reconnu. Tout ça, c'est bien beau, mais c'est bien faux. Forgotten Silver est un canular de cinquante-deux minutes et de 1995 que Jackson et Botes ont joué à leurs compatriotes téléspectateurs, à l'occasion du centenaire du cinématographe. Ils ont inventé de toute pièce, et tourné sous forme de documentaire, l'histoire de ce McKenzie. Mais bien que totalement pipeau (et hilarant), c'est le meilleur hommage que l'on puisse porter au cinéma tout entier. Jackson et Botes ont su synthétiser dans un seul personnage tous ceux et tout ce qu'ils admirent au cinéma. Bricoleur et visionnaire, McKenzie a tout inventé : le premier travelling sur son vélo, le premier film parlant (qui est aussi le premier film de kung fu), le premier film en couleurs, la première caméra cachée, et même les premiers films alimentaires. En prime, une de ses bobines prouve que le premier vol effectué à bord d'un plus lourd que l'air n'est pas le fait des frères Wright mais d'un Néo-Zélandais. Mais poursuivi par une sorte de malédiction et victime de ses propres maladresses, il subit à chaque étape une nouvelle épreuve qui freine sa course vers le destin flamboyant qui lui semble promis. Jackson et Botes, aidés par des intervenants connus (le producteur Harvey Weinstein, l'acteur Sam Neill), chargent le portrait avec malice, soignant avec amour et vitriol son image d'artiste maudit. Il mettra toute sa vie, en particulier, à achever Salomé, monstrueuse production digne de l'Intolerance de Griffith. L'équipe de Jackson part même à la recherche du décor titanesque de Jérusalem construit en pleine jungle. McKenzie se trouve confronté à à peu près tous les évènements du début du siècle : la Grande Guerre, le krach de 1929, l'avènement du communisme, la Prohibition aux Etats-Unis, la Guerre d'Espagne... J'arrête, ou je vais tout raconter. Bon je suppose qu'il faut être un minimum cinéphile pour bien apprécier, mais c'est tellement énorme qu'on rit vraiment aux éclats (ouf! j'étais pas le seul dans la salle), un peu émus tout de même par la triste fin de ce héros synthétique. Merci. |