La dame de Shanghai
(The Lady From Shanghai)

Réalisé par Orson Welles

Avec Orson Welles, Rita Hayworth, Everett Sloane, Glenn Anders

USA - 1948 - N&B

Michael O'Hara (Welles) est un vrai con. C'est lui-même qui le dit. Car il n'aurait pas dû succomber au charme de cette Elsa Bannister (Hayworth), femme du célèbre avocat boîteux Arthur Bannister (Sloane). Et il n'aurait pas dû, pour les beaux yeux de la dame, accepter d'être le matelot de cette croisière en yacht que lui a proposé l'avocat. Et il aurait dû se méfier de son associé Grisby (Anders).

C'est O'Hara lui-même qui raconte sa misérable aventure en voix off. Et il ne se donne pas le beau rôle. Il se démolit avec un sourire cynique qu'on croit entendre. Mais cela n'enlève rien au suspense: O'Hara est donc vivant, mais dans quelle situation? On imagine le pire au fur et à mesure que l'intrigue se noue, comme sur une corde de pendu. Elsa, Arthur, Grisby. Ces trois-là ont des relations complexes de gens de la haute. Un monde éloigné de Michael, dont celui-ci se méfie et méprise, mais dans lequel il se trouve embarqué, et plus qu'il ne le voudrait car il va se retrouver au centre d'une affaire de meurtre.

L'intrigue est intelligente, bien menée, et apporte d'elle-même son lot de scènes icongrues: lors du procès d'O'Hara, Bannister l'avocat interroge Bannister le témoin.

Welles filme le désir entre Michael et Elsa. Rita Hayworth (l'épouse de Welles, à l'époque), même en blonde, est irrésistible. Welles filme le malaise. Les gros plans dégoulinent de sueur. Enfin, évidemment, le film se termine par la célébrissime et magistrale scène aux miroirs, dans une fête foraine.

La dame de Shanghai pourrait n'être vu rien que pour cette scène.

Merci.