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Le corbeau
(The Raven) |
| Réalisé par Roger Corman avec Vincent Price, Peter Lorre, Boris Karloff, Jack Nicholson, Hazel Court, Olive Sturges Etats-Unis - 1962 - Couleurs Erasmus Craven (Vincent Price) se languit de sa défunte épouse Lenore (Court). Un soir, un corbeau frappe à son carreau. Craven le laisse entrer. Le corbeau lui adresse alors la parole en lui expliquant qu'il est en fait le docteur Bedlo (Lorre), un magicien victime d'un sort du docteur Scarabus (Karloff). Après que Craven l'a aidé à retrouver forme humaine, Bedlo le convainc de le suivre chez Scarabus, en prétendant qu'il y a aperçu Lenore. Ils s'y rendent accompagnés d'Estelle (Sturges), la fille de Craven, et de Rexford (Nicholson), le fils de Bedlo. Encore Corman, encore Vincent Price, encore Edgar Poe. Mais cette fois c'est du TRES librement adapté d'un poème du père de la littérature fantastique moderne. A tel point qu'il en est devenu une comédie, versant même dans la farce. On y voit Vincent Price sourire en glissant contre un mur après s'être fait assommer, Peter Lorre jouer un magicien alcoolo. On regrette le traitement plus qu'expéditif des personnages féminins (une sainte sans reproche et une arriviste sans scrupules). Misogyne? Euh oui, je crois qu'on peut le dire, là... C'est très intéressant de voir plusieurs films de Corman à la suite, pour apprécier la méthode Corman : hé! hé! les génériques sont faits de la même manière (des encres de couleurs qui se mélangent); ah! ah! ces vagues qui se fracassent sur le rocher, c'est les mêmes que tout à l'heure dans Le puits et le pendule; pareil pour ce plan du château en contre-plongée vertigineuse et nocturne. Parmi les mille et un petits plaisirs de ce Corbeau, une scène d'anthologie : le duel de magiciens entre Boris Karloff et Vincent Price est bien plus poilant que celui de Merlin l'Enchanteur de Disney. Et dans un rôle épais comme un lapin inattentif sur une piste de Roissy, le jeune et prometteur Jack Nicholson arrive tout de même à crever l'écran, ce salaud! Comment fait-il? De plus, il nous gratifie déjà d'un de ses inimitables sourires, malicieusement mis à profit par le scénariste (eh oui, faut le voir). D'un autre côté, on se marre tellement que le film a bien du mal à faire peur malgré ses laborieux efforts. Merci. |