Chat noir, chat blanc
(Crna macka, beli macor)

Réalisé par Emir Kusturica

avec Florijan Ajdini, Branka Katic, Bajram Severdzan, Srdan Todorovic

Sortie le 30 septembre 1998

Après la sortie française d'Underground et la polémique qui s'en était suivie chez les philosophets à chemise blanche, Emir Kusturica avait décidé d'arrêter les frais. Apu cinéma. Heureusement pour nous, il vient de se parjurer. Pour Chat noir Chat blanc il a rangé les fresques historico-édifiantes au grenier. Il est revenu à un cinéma plus proche du Temps des Gitans, une comédie pure, fini le drame. Même la mort est rigolote.

Comme toujours chez lui, l'intrigue est quasiment inracontable. Ca se passe chez les Tziganes, c'est une histoire d'arnaques, de contrebande, de mariage forcé, de wagons, de frères, de fils, de soeurs, de pères, de grands-pères, de grand amour, y'a plein d'animaux, de personnages aux gueules pas possibles, et une bien singulière façon d'arracher les clous. Démerdez-vous avec ça, de toute façon on s'en fout de l'histoire, ce n'est qu'un prétexte à des scènes burlesques, gros gags, numéros de clowns invraisemblables et c'est très bien comme ça, parce qu'on ne voit ça que chez l'ami Emir. Deux heures, pas de temps morts. Aller voir un film de Kustu, c'est comme aller bouffer chez un copain un peu barge. On comprend pas tout ce qu'il dit, le menu est plutôt space, mais le décor est tellement hallucinant, unique, et puis on se marre bien avec toutes les conneries qu'il débite.

Pour une fois, la musique n'est pas signée Bregovic, mais elle a tout autant d'âme.

Les acteurs sont tous inconnus (à part une apparition de Miko Manojlovic, d'Underground), mais se donnent tous à fond. Florijan Ajdini ressemble beaucoup à un jeune Harvey Keitel quand il sourit (tu trouves pas?). Et Branka Katic et ses bôzieuclairs feraient presque croire à l'existence de dieu, du Père Noël, ou de la paix sur terre. Pourvu qu'on la revoie un jour...

Bon ok, c'est pas ze meilleur film de Kusturica, mais c'est tout de même un grand bol de gaz hilarant au milieu de tous ces films préformatés et préoubliés.

Et vivent les champs de tournesol, nom d'un cul !

Merci.