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Blue Velvet
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avec Kyle MacLachlan, Isabella Rossellini, Dennis Hopper, Laura Dern Etats-Unis - 1986 - Couleurs Après son gros succès, Elephant Man (1980), et la traversée du désert de Dune (1982), David Lynch s'attaque à un projet plus personnel. L'intrigue de Blue Velvet part sur les bases classiques du genre film policier pour adolescents. Dans la petite ville de Lumberton, le jeune Jeffrey Beaumont (MacLachlan), étudiant propre sur lui, découvre dans un terrain vague une oreille coupée. Il l'apporte à l'inspecteur Williams, qui se charge de l'affaire. Jeffrey, bien trop curieux, décide de mener sa propre enquête avec la complicité de Sandy (Dern), la fille de Williams. Celle-ci le met sur la piste de Dorothy Vallens (Rossellini), une chanteuse de cabaret. Malgré un apparent classicisme du scénario, on perçoit dans la mise en scène de cette première partie quelques éléments étranges ou dérangeants, dès la première séquence. Celle-ci montre la tranquillité de la petite ville (avec les pompiers qui font coucou à la caméra), puis l'accident du père de Jeffrey, pour se terminer au ras de la pelouse, dans un nid de cafards.
Dès lors, Jeffrey va perdre la candeur de jeune homme qui le caractérisait, dans une succession de scènes choc où il côtoie bien malgré lui Booth, habité par quelque démon, et sa bande de déjantés. Comme Jeffrey se détache de Sandy, le film se détache du scénario. Celui-ci n'a alors plus beaucoup d'importance, c'est la force des images et de l'action qui l'emporte, et comprend qui peut. Après cet épisode hystérique, conclu violemment (ah! le goût de Lynch pour les morts horribles), le film se ferme comme une parenthèse sur la tranquillité retrouvée de Lumberton avec de nouveau ses pompiers qui font coucou à la caméra, et tous les plans du début remontés dans l'ordre inverse, sur la suave mélodie de Blue Velvet. Outre un côté ouvertement malsain (on s'est interrogé sur la violence des scènes jouées par Isabella Rossellini, compagne de Lynch à l'époque), Blue Velvet contient en germe tout ce qui fera l'originalité et le succès de la série télévisée Twin Peaks (1989) : une ville de province ; des personnages qui cachent des secrets ; du voyeurisme ; un humour décalé ; des méchants vraiment schizophrènes (à moins que ce ne soit l'inverse) ; des métaphores et des symboles par dizaines. Et la musique d'Angelo Badalamenti. Merci. |