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2001 : l'odyssée
de l'espace
(2001 : A Space Odyssey) |
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avec Keir Dullea, Gary Lockwood, William Sylvester, Douglas Rain Grande-Bretagne/Etats-Unis - 1968 - Couleurs En 1968, alors que Neil Armstrong n'a pas encore fait le pas de géant pour l'humanité, Kubrick le précède en révolutionnant le film de science-fiction. Après quelques minutes de noir total, accompagné de musique (oui comme au début de Dancer In The Dark), le plan générique plante le décor : la Terre, la Lune, le Soleil, en alignement, sur l'air désormais inoubliable d'Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss. Comment imaginer alors la surprise des spectateurs de 1968 qui se retrouvent devant une troupe d'hominidés vivant dans la peur, sur leur minuscule territoire ? Ils ne savent pas qu'ils assistent aux premières projections d'un des plus grands chefs-d'oeuvre du cinéma qui, au XXIème siècle, époque qu'il décrit, n'aura pas dévoilé tous ses mystères. L'arrivée du monolithe, un parallélépipède rectangle d'environ quatre mètres de hauteur, aux faces parfaitement lisses, aux arêtes parfaitement droites est le premier choc. A partir de ce moment l'un des hommes commence à comprendre l'utilité de ses mains, qui ne servent pas seulement à se nourrir, mais aussi à saisir un outil capable d'augmenter sa force. En une ellipse vertigineuse, un os-outil-arme lancé vers le ciel se transforme en vaisseau spatial, aboutissement de milliers d'années d'intelligence humaine.
Bowman perdu aux alentours de Jupiter, sans moyen de communication, est plongé dans une solitude vertigineuse. Suit la séquence interminable d'une descente dans quelque trou noir psychédélique, aux rais de lumière, aux galaxies, aux nébuleuses, aux paysages qui rappellent, en d'autres couleurs, les déserts des premiers hommes. Bowman, le visage ridé, atterrit dans une chambre au mobilier de style XVIIIème. Un vieillard mange à la table. C'est lui, Bowman. L'astronaute disparaît. Un mourant est allongé dans le lit. C'est lui, Bowman. Le vieillard disparaît. Bowman-mourant pointe le doigt vers le monolithe qui s'est installé au pied du lit. Apparaît un foetus dans son oeuf. Le mourant disparaît. Le foetus en suspension se dirige vers le monolithe. Alors que Zarathoustra revient à la charge, nous voyons de nouveau la Terre, et l'oeuf, et le foetus qui la couve du regard. Générique : Le beau Danube bleu coule de nouveau, et jusqu'à plus soif. Chef-d'oeuvre aujourd'hui, 2001 ne s'est pas fait en un jour, fraîchement accueilli par la critique et le public en 1968, du fait de l'incompréhension qu'il dégage. Ce n'est qu'après de multiples visions que la lumière s'est peu à peu faite sur l'oeuvre de Kubrick et Arthur C. Clarke, co-scénariste avec Kubrick et auteur du livre (disponible chez J'ai lu), qui apporte beaucoup de clés pour comprendre le film. Mais si le scénario laisse beaucoup de spectateurs perplexes (pas de lien apparent entre les quatre parties du film, si ce n'est ce bon dieu de monolithe), la forme aussi contribue à les désorienter. A la fois définitif et expérimental, 2001 marque un tournant dans l'emploi d'effets spéciaux visuels et sonores inédits alors. Pour la première fois, un réalisateur se soucie vraiment de la vraisemblance de la représentation d'une activité dans l'espace : la lenteur, le silence ne sont pas que des choix artistiques, mais sont aussi induits par les lois de la physique. Kubrick a lui-même conçu les effets visuels de cette interminable séquence qui voit Bowman traverser l'univers. On a aussi tendance à oublier le travail impeccable des acteurs, en particulier Keir Dullea dans un rôle pas très bavard, donc d'autant plus difficile ; et à l'inverse, Douglas Rain qui prête à HAL sa voix si mielleuse. Le souci maladif du détail pousse Kubrick à construire son film comme un parallélépipède rectangle d'environ quatre mètres de hauteur, aux faces parfaitement lisses, aux arêtes parfaitement droites. Face à lui, nous sommes les hominidés des premiers âges, hurleurs vains, à la conscience soudain éveillée, et qui cherchons toutes les significations cachées des images. Merci. PS : J'avais déjà vu partiellement 2001 sur le petit écran. J'ai toujours décroché à un moment ou à un autre. Si tu as l'occasion de le voir en salle, vas-y, ça n'a vraiment rien à voir, et Zarathoustra te vrillera les tympans mieux que jamais. |